Quelques précautions d'usage de mon assainissement autonome

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Pendant plusieurs années, nous avons étudié sur notre plate-forme et dans nos laboratoires de Mèze (34), l’effet des produits d’usage courant sur le fonctionnement d’une fosse septique. Par extension, les précautions d’usage ci-dessous sont valables pour tous les assainissements autonomes mettant en jeu le mécanisme de digestion anaérobie dans la première étape du traitement. Les respecter permettra à l’utilisateur de bénéficier pleinement de toutes les performances de son assainissement.

D’une manière générale, un assainissement autonome est conçu pour que l’on puisse utiliser tout à fait normalement les installations de sanitaires, de bains, de cuisine et de machines à laver de la maison.

Les détergents ménagers courants…

(lessives et poudres à laver le linge, produits pour lave-vaisselle, nettoie-tout, désinfectant sans javel…) peuvent être utilisés normalement car aux doses des modes d’emploi, ils sont sans effet néfaste sur le fonctionnement de l’assainissement.

L’eau de javel peut être utilisée sans problème.

La nocivité est inexistante pour les doses d’usage courant.  En effet Il faut plus d’un litre d’eau de javel pure dans une fosse de 3m3 pour en perturber le fonctionnement. Il est tout de même préférable de ne pas utiliser l’eau de javel comme produit d’entretien quotidien privilégié. Comme tous les produits « blanchissants » (oxydants) elle reste potentiellement toxique pour les bactéries anaérobies en cas d’usage abusif (exemple : désinfection quotidienne de tous les sanitaires).

Les déboucheurs d’évier…

à base de soude caustique ou de potasse peuvent être utilisés aux doses normales sans problème. Ils ne font que neutraliser les acides dans la fosse, acides qui peuvent poser problème lorsqu’ils sont en excès…

L’usage occasionnel de médicaments…

et leur présence de ce fait dans les eaux usées ne demande aucune précaution particulière. En effet, les médicaments sont largement métabolisés dans l’organisme et se trouvent fortement dilués dans l’assainissement. C’est le cas en particulier des antibiotiques. Par contre, les médicaments non utilisés ne doivent jamais être rejetés dans les eaux usées, mais ramenés à la pharmacie…

Les solvants organiques…

(white spirit, diluants pour peinture, acétone, produits dégraissants, essence, fuel, etc…) ou les huiles de vidange de moteur sont quant à eux extrêmement toxiques pour les bactéries et tout le système biologique de votre assainissement. Ils portent généralement sur l’emballage la mention « inflammable ». Tous ces résidus liquides ne doivent jamais être rejetés dans l’assainissement, mais apportés en déchetterie.

L’utilisation d’un adoucisseur d’eau…

ne pose aucun problème pour le fonctionnement de l’assainissement. Il suffit de le régler entre 12 et 15°TH. Par contre, les eaux de régénération doivent être dirigées vers l’évacuation des eaux pluviales.

Les quantités résiduelles habituelles de matières grasses…

de la cuisine et la vaisselle ne posent pas non plus de difficulté pour votre assainissement. Seuls les bains de friture doivent être éliminés en déchetterie ou bien être déversés dans un composteur de jardin (après refroidissement).

Les objets en matière plastique (sachets, préservatifs, lingettes, petits emballages, etc…) ou les protections périodiques doivent être exclusivement jetés à la poubelle.

Et les activateurs biologiques ?

Pour espacer les intervalles de vidange et éliminer les odeurs, des activateurs biologiques peuvent être utilisés. On préfèrera un produit minéral sous forme de poudre solide (sèche ou en suspension) qui servira de support aux bactéries mise en jeu dans les processus complexes de la biodégradation. En revanche, les produits à base d’ajout d’enzymes ou de bactéries n’ont jamais apporté la preuve de leur efficacité.  Les recettes ménagères, par exemple déverser un ou deux yaourts dans la cuvette des WC, n’ont pas plus de succès…